Etiquette en Macédoine du Nord

Mentalités

La Macédoine du Nord est un pays au caractère assez méditerranéen, les gens sont généralement accueillants et chaleureux. La Macédoine du Nord est un pays qui cultive une vraie douceur de vivre, malgré tous les problèmes du quotidien. Le rythme de vie est plutôt lent et décontracté, le mot d’ordre étant « poleka ! » (lentement). Les règles de politesse sont très similaires à celles du reste de l’Europe.

C’est cependant un pays très conservateur et les modèles familiaux et les rapports entre les sexes sont encore très traditionnels, notamment chez les Albanais. Parmi les minorités ainsi qu’en milieu rural, les codes et la culture sont parfois très éloignés des normes européennes. L’influence orientale peut être très forte dans les régions albanaises, tandis que dans les campagnes reculées, on retrouve des rites et des traditions multiséculaires qui sont à des années-lumières de nos considérations matérialistes occidentales.

Les Macédoniens ont globalement un sort moins heureux que le reste des Européens. Le taux de chômage est élevé et les infrastructures ne sont pas toujours bonnes. On peut souvent ressentir un vrai manque d’opportunités, surtout pour les jeunes.

S’habiller

La tenue vestimentaire n’est pas un souci en Macédoine du Nord. Si certains Turcs et Albanais s’habillent selon la tradition islamique, les Macédoniens ne font pas grand cas des tenues légères, par exemple. Visiter une église ou une mosquée exige néanmoins une tenue décente. Dans le cas d’une mosquée, il faut bien entendu enlever ses chaussures à l’entrée et les femmes doivent se couvrir la tête. Les Macédoniennes pieuses portent également un foulard pour aller à l’église mais ce n’est pas une obligation. En revanche, il faut éviter les tenues trop légères lorsqu’on veut visiter une église ou un monastère, qu’on soit un homme ou une femme (pas d’épaules nues, porter un pantalon plutôt qu’un short…).

Sujets à éviter (ou à aborder avec des pincettes)

Les Macédoniens ne voient pas souvent de touristes et peuvent se montrer curieux voire méfiants, surtout à la campagne. Les conversations peuvent s’engager rapidement.

La politique et l’histoire sont deux sujets à aborder avec précaution. Les gens ont souvent des avis très tranchés. La Macédoine du Nord est encore en train de se construire en tant que nation et le nationalisme ambiant ajoute à la crispation identitaire. Il faut aussi savoir que des pays voisins, notamment la Bulgarie, dénient toute existence d’une nation macédonienne. Entre religion, passé socialiste, oppression ottomane, crise identitaire et un goût certain pour les théories du complot, les sujets de friction ne manquent pas.

Parmi les sujets brûlants, celui des minorités ethniques est également en bonne place. La minorité albanaise notamment est vue par une bonne part des Macédoniens comme une population obscurantiste qui prolifère (un peu comme certains Européens de l’Ouest perçoivent leur population immigrée…). De façon assez générale, les Macédoniens ont tendance à se sentir lésés par l’histoire, que ce soit par la longue domination ottomane, par les pays voisins qui ont longtemps voulu conquérir le pays, ou par leurs minorités internes, qui empêchent la constitution d’un véritable Etat nation et favorisent l’émergence d’un pays multiculturel.

Le nom actuel du pays, « Macédoine du Nord », a été adopté en 2019. Il a permis de résoudre un long différend avec la Grèce, qui refusait jusqu’alors qu’un Etat indépendant s’approprie le nom de « Macédoine ». En Macédoine du Nord, cet accord est perçu comme un moyen très pragmatique de mettre fin au différend et d’adhérer enfin à l’Union européenne (la Grèce bloquait toute négociation depuis 2004…). Néanmoins, pour les Macédoniens, ce nouveau nom n’est qu’un nom constitutionnel, valable pour les relations internationales. Ils considèrent donc toujours leur pays comme étant « la Macédoine ».

L’appellation ARYM ou FYROM (pour « Ancienne république yougoslave de Macédoine »), qui existait auparavant pour satisfaire la Grèce, était carrément considérée comme insultante en Macédoine.


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