Visiter Bitola

Plan de Bitola (cliquer pour agrandir).

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Le centre-ville de Bitola est assez restreint et se visite facilement. Il comprend deux parties très différentes. Le sud date principalement du XIXème siècle. C’est là que vivaient les Macédoniens orthodoxes, les consuls et les marchands occidentaux. La partie nord était en revanche le quartier des Turcs, organisé autour du bazar et ses marchés.

En dehors du centre, ne pas manquer de visiter la cité antique d’Héraclée des Lyncestes.

VILLE DE LA BELLE ÉPOQUE

En arrivant depuis la gare routière ou ferroviaire, on atteint vite l’ancienne Académie militaire. Fondée en 1848 par les Ottomans, elle a notamment reçu sur ses bancs Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne. L’édifice abrite aujourd’hui le musée national de Bitola (voir plus bas).

BitolaEn face, au milieu d’un parc, on voit l’ancienne maison de l’armée. Ce beau bâtiment blanc mélange architectures ottomane et occidentale. Il a été construit à partir de 1911 pour le chef du vilayet de Bitola, qui voulait en faire un palais pour y donner ses réceptions. Malheureusement pour lui, Bitola est devenue serbe en 1912 et l’édifice n’a été fini qu’en 1919. Il a servi de maison de l’armée jusqu’à récemment et il va probablement être transformé en hôtel de ville.

BitolaEn continuant vers le nord, on arrive sur Širok Sokak, la rue principale. Son nom signifie tout simplement « rue large ». Elle est bordée de beaux immeubles de la fin du XIXème siècle. L’architecture suit les modes d’Europe centrale, et notamment de l’empire austro-hongrois. Toutes les façades sont enduites de stucs en couleur et foisonnent de détails architecturaux. En regardant bien, on peut voir des chapiteaux ou des pilastres identiques d’un immeuble à l’autre. En effet, ces détails étaient moulés à l’avance puis vendus à divers constructeurs.

Sur la rue, on remarque quelques consulats, dont le français et le britannique, ainsi que l’église catholique du Sacré-Cœur. Elle a été fondée au milieu du XIXème siècle pour servir de lieu de culte aux nombreux marchands et diplomates occidentaux. L’édifice actuel date de 1909. La communauté lazariste française était particulièrement active à Bitola, ce qui explique le style assez français de l’édifice.

BitolaAu bout de Širok Sokak, on atteint la place des Magnolias. Sur l’un des côtés on peut voir une maison assez curieuse, mélange de néogothique et d’art nouveau. La place comprend aussi une statue récente de Philippe II de Macédoine, et la tour de l’horloge, construite vers 1830.

BitolaOn y trouve aussi la mosquée Jeni. Elle date du milieu du XVIème siècle et son nom signifie « mosquée neuve » en turc. C’est un des plus beaux exemples d’architecture islamique en Macédoine. On remarque l’ancien porche qui a été fermé par un mur au XIXème siècle pour agrandir la surface utilisable. La mosquée ne sert plus au culte depuis 1943. C’est aujourd’hui une galerie d’art.

Derrière la place, on peut visiter l’église Saint-Démètre (sveti Dimitri), l’une des plus grandes de Macédoine. Elle a été construite en 1830. L’extérieur est assez rustique mais l’intérieur vaut le coup d’oeil pour son iconostase. L’église Notre-Dame, de l’autre côté du centre, est assez similaire bien que postérieure (1870). L’intérieur est surchargé de fresques. Le siège de l’éparchie, situé à côté, possède une façade très française.

En revenant vers Širok Sokak, ne pas manquer la magaza. Cet édifice était l’endroit où les prix des marchandises étaient fixés à l’époque ottomane.

VIEUX BAZAR

BitolaLe Vieux bazar de Bitola se trouve au nord de la Dragor. Il n’est plus que l’ombre de lui-même depuis la fin de la domination ottomane. Il faut imaginer qu’au XIXème siècle le bazar comptait encore une trentaine de secteurs différents dédiés à des produits précis (bois, cuir, chevaux, volailles, moutons, céréales… et même savons et confitures). Les marchands venaient de toute la région (Macédoine, Albanie, Grèce), mais aussi d’Istanbul, de Venise, d’Alexandrie, de Vienne ou de Marseille. Aujourd’hui, ses rues sont souvent désertes et l’ensemble manque d’une bonne revitalisation.

Bitola La partie préservée se trouve derrière le marché couvert et le long de la Dragor. La majorité des maisons datent du XIXème et du début du XXème siècle, car Bitola a été dévastée par un incendie en 1834 et en 1897. Le bazar, considéré comme archaïque et insalubre, a été peu à peu grignoté par la ville moderne mais le secteur protégé couvre encore 12 hectares. Au hasard des rues, on peut notamment voir la mosquée Hadži Mahmud Beg, du début du XVIème siècle. Elle est en piteux état et a longtemps servi d’entrepôt. Une secousse sismique a fait tomber le haut du minaret en 1996.

BezistenPlus près de la place des Magnolias, on voit le marché couvert (bedesten). C’est l’un des rares encore visibles en Macédoine. Il a été construit vers 1500.

En face, la mosquée Išak Čelebi rappelle beaucoup la mosquée Jeni. Elle date du début du XVIème siècle et présente la même silhouette harmonieuse s’élevant progressivement. Elle est encore utilisée pour le culte.

En prenant la rue Philippe II, on arrive au hammam Deboj. Il se trouvait autrefois au cœur du marché aux moutons et il faisait partie d’un véritable complexe public, avec une mosquée et un caravansérail, tous deux disparus. Il date du XVème siècle et c’est le seul hammam de Bitola encore debout.

La mosquée Hajdar Kadi, située au nord du Bazar, est un autre exemple admirable d’architecture ottomane. Elle a été construite en 1562. D’autres mosquées ottomanes, plus petites, sont aussi visibles dans le reste de la ville.

MUSEE

MuséeLe musée national de Bitola est un endroit plutôt intéressant. Il présente l’histoire de la ville à travers des collections archéologiques, des costumes, des photos anciennes… On y trouve notamment des statues et mosaïques d’Héraclée des Lyncestes, mais aussi une exposition sur la Première Guerre mondiale. Bitola était en effet située sur le Front d’Orient. L’exposition phare est cependant celle consacrée à Mustafa Kemal Atatürk. Il a étudié à Bitola dans les années 1890. L’édifice abritant le musée était alors l’Académie militaire de la ville. Cette exposition attire de nombreux Turcs venus spécialement à Bitola.

Entrée à 100 denars. Ouvert tous les jours sauf le lundi.

CIMETIÈRES

Bitola possède deux cimetières intéressants : le cimetière juif et le cimetière français.

CimetièreLe premier se trouve tout au nord de la ville, sur la route de Prilep (1,5 km du centre). Ouvert en 1497, c’est probablement le plus vieux des Balkans. Il a été fondé pour accueillir les morts de la communauté séfarade, arrivée au XVème siècle. Elle fuyait alors l’Inquisition espagnole et avait trouvé refuge dans l’Empire ottoman. Les Juifs de Bitola parlaient d’ailleurs le judéo-espagnol. La communauté juive macédonienne a pratiquement disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. Le cimetière de Bitola est alors tombé à l’abandon, jusqu’à ce qu’une campagne de sauvegarde ait lieu dans les années 1990. Peu de tombes sont encore en bon état. Le cimetière se distingue par son beau portail néogothique.

Le cimetière français est situé un peu plus loin (2,5 km du centre), sur la route de Novaci. Les deux cimetières sont cependant assez proches l’un de l’autre. Il contient les tombes de 6200 soldats français morts sur le Front d’Orient pendant la Première Guerre mondiale. Il a ouvert en 1923 et comprend un petit musée depuis 2014.


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Voir aussi :

Héraclée des Lyncestes

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