Macédoine antique

La Macédoine actuelle s’approprie largement l’héritage de la Macédoine antique, au grand dam de la Grèce, qui considère qu’elle est la seule héritière d’Alexandre le Grand. Il y a d’autres raisons plus complexes au conflit entre les deux pays (voir la page ARYM ou Macédoine), et la question de l’héritage antique est en quelque sorte la face visible de l’iceberg.

Le symbole de la Macédoine antique, aujourd'hui utilisé à toutes les sauces en Macédoine et en Grèce.

Le symbole de la Macédoine antique, aujourd’hui utilisé à toutes les sauces en Macédoine et en Grèce.

Si les Macédoniens font parfois un usage douteux ou excessif de la Macédoine antique, il n’empêche que leur pays a bel et bien fait partie du royaume antique. En revanche, le territoire macédonien actuel n’était pas un centre politique ou économique dans le royaume antique. Conquis assez tardivement, c’était une région périphérique qui ne s’est pleinement développée qu’à l’époque romaine.

Voici un petit résumé sur cet État qui n’est généralement connu que pour Alexandre le Grand.

HISTOIRE

Naissance du royaume

Le royaume de Macédoine à ses débuts.

Le royaume de Macédoine à ses débuts.

Le royaume de Macédoine est né au VIIIème siècle av. JC dans le nord de la Grèce actuelle. La région était en dehors de la zone développée de la Grèce antique, avec ses multiples cités-États comme Athènes et Sparte. Le peuple macédonien antique était à l’origine constitué par des tribus fonctionnant comme des petites monarchies. Au VIIIème siècle, elles se seraient unies sous une dynastie unique, les Argéades.

L’ethnicité grecque des Macédoniens antiques fait débat et les trouvailles archéologiques montrent de nombreux traits culturels typiquement balkaniques, montrant que les Macédoniens partageaient des similarités avec d’autres peuples comme les Thraces et les Illyriens.

Il a plusieurs légendes concernant la fondation du royaume. La plus courante raconte qu’il est apparu grâce aux Argéades, originaires de la cité d’Argos, dans le Péloponnèse. Cette légende fut d’ailleurs utilisée par Alexandre le Grand lorsqu’il voulu s’inscrire aux Jeux olympiques. En effet, seuls les Grecs pouvaient y participer, et le roi a pu ainsi prouver qu’il était bien d’origine grecque.

Consolidation

Au début de son histoire, le royaume de Macédoine ne couvrait qu’une petite région confinée autour du delta du Vardar, au bord de la mer Égée. Cette région correspond au centre de l’actuelle Macédoine grecque.

Les premières extensions territoriales ont lieu grâce à des mariages avec des tribus voisines. Ces extensions se font le long des frontières nord et ouest, dans les montagnes avoisinantes. L’actuelle Macédoine ne fait pas encore partie du royaume, à l’exception de la Pélagonie et du lac Prespa. Le royaume est sans cesse menacé par des invasions illyriennes, venues du nord, et il fait office d’État tampon pour les cités grecques au sud. Des liens militaires et économiques forts avec ces cités permettent au royaume de se développer et de s’helléniser. La culture macédonienne conserve pourtant des caractéristiques particulières, comme la succession héréditaire au trône et la polygamie pour le roi. La capitale macédonienne, d’abord Vergina puis Pella, est organisée selon un modèle archaïque et non comme une véritable cité grecque.

Philippe II

Le royaume de Philippe II.

Le royaume de Philippe II.

Philippe II règne de 359 à 336 av. JC. Il réforme l’armée et élargit considérablement le royaume vers le nord. Il envahit notamment la Thrace, l’Épire et la Péonie. L’actuelle république de Macédoine est alors incluse dans le royaume.

Philippe II gagne un grand prestige en Grèce et il s’impose comme le plus grand dirigeant de la région. Les cités-Etats sont rongées par des guerres locales et Philippe en profite pour étendre son royaume sur les colonies athéniennes puis sur la Thessalie au sud.

Philippe II échoue à conquérir le Bosphore mais remporte la bataille de Chéronée contre Athènes, Thèbes et d’autres cités grecques en 338. Celle-ci consacre définitivement la supériorité de la Macédoine sur la région. Il est assassiné à l’âge de 46 ans deux ans plus tard.

Alexandre le Grand

L'empire d'Alexandre le Grand.

L’empire d’Alexandre le Grand.

Fils de Philippe II de Macédoine, Alexandre est parvenu à continuer l’œuvre d’expansion de son père. Il l’a même largement surpassé puisqu’il a fait de son royaume un des plus grands empires ayant jamais existé. Étendant ses frontières jusqu’à l’Inde, il propage la culture grecque en Perse et en Égypte.

A sa mort prématurée à l’âge de 32 ans, Alexandre lègue son empire à ses généraux. Ceux-ci se livrent à une guerre de succession qui réduit l’empire en poussière. La mort d’Alexandre marque la fin de la dynastie des Argéades.

Les Antigonides

La Macédoine dans ses frontières d’avant Alexandre le Grand est récupérée par Cassandre. Ce dernier, fils d’un général d’Alexandre, se proclame roi et fonde sa propre dynastie, les Antipatrides. Quelques années plus tard, il est renversé par les Antigonides. Cette famille conserve le trône macédonien jusqu’à la conquête romaine.

Après la fin de l’empire macédonien, une autre puissance émerge : Rome. A partir du IIème siècle, les Romains lorgnent sur la Macédoine et lancent une série de conflits groupés dans les Guerres de Macédoine. Les derniers souverains macédoniens, Philippe V et Persée, font face à plusieurs défaites avant de se rendre. La Macédoine devient une province romaine en 168 av. JC.

APERÇU CULTUREL

Vie quotidienne

Chasse au cerf, mosaïque de Pella (Grèce).

Chasse au cerf, mosaïque de Pella (Grèce).

Les Macédoniens antiques avaient une existence très différente selon qu’ils vivaient dans les montagnes ou dans les plaines. Les premiers étaient bergers et complétaient leurs revenus avec un peu d’agriculture. Ils étaient organisés de façon tribale.

Les seconds vivaient sur des terres fertiles et riches en minéraux. Ils avaient une culture très hellénisée et certains avaient formé une aristocratie développée. Cette aristocratie tenait sa richesse de l’élevage du bétail et des chevaux. Les orgies (« symposia ») et la chasse rythmaient la vie des plus riches.

Héraclée, près de Bitola, fondée par Philippe II.

Héraclée, près de Bitola, fondée par Philippe II.

Les villes macédoniennes sont restées petites et peu nombreuses jusqu’à Philippe II. Ensuite de nouvelles cités ont été fondées sur le modèle grec.

Les Macédoniens avaient la même religion que les Grecs. Leur Panthéon comprenait les mêmes dieux, avec quelques variantes locales.

La langue macédonienne antique est très mal connue à cause de la rareté des textes. Elle semble être une variante du grec du nord, mais elle n’était pas compréhensible pour un Athénien, par exemple. Le macédonien n’était pratiquement jamais écrit car les scribes utilisaient le grec attique qui servait de lingua franca entre les différentes tribus de la région.

Politique

Couronne royale trouvée à Vergina (Grèce).

Couronne royale trouvée à Vergina (Grèce).

Le roi vivait à Pella, la capitale. La Macédoine était une monarchie absolue mais il existait toutefois un conseil royal unissant des personnalités choisies par le souverain. Les citoyens-soldats formaient aussi une assemblée deux fois par an. Cette assemblée servait surtout à approuver les décisions du roi, notamment pour déclarer la guerre. Le conseil et l’assemblée avaient aussi le droit d’approuver ou refuser l’intronisation d’un nouveau roi. La succession au trône était normalement héréditaire mais elle était aussi soumise à l’approbation du conseil et de l’assemblée, ce qui permettait de légitimer d’avantage le nouveau souverain.


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Voir aussi :

La Macédoine en 15 dates

ARYM ou Macédoine

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