Skopje en 10 dates

Skopje ottoman
Skopje à l’époque ottomane.

L’histoire de Skopje est à l’image de celle des Balkans : longue et complexe. Il faut savoir aussi que Skopje est située sur un couloir stratégique, qui permet de relier la Grèce à l’Europe centrale : ainsi, la ville a connu d’innombrables invasions et conquêtes, et elle a toujours été une sorte de melting-pot pluri-ethnique, situé en marge de la Macédoine géographique.

D’abord ville peuplée de vétérans romains, puis capitale de la Serbie médiévale, elle est ensuite devenue l’une des plus grandes villes de la Turquie d’Europe, avant de devenir une étape de l’Orient-Express, puis la capitale nationale macédonienne. Elle a d’ailleurs été préférée à Bitola pour devenir la capitale en 1945 en raison de sa situation stratégique, sur les axes reliant le pays au reste de la Yougoslavie.

 

Voici 10 dates pour un condensé historique sur Skopje :

 

Vestiges scupi
Les ruines de Scupi.

85 : Scupi, une localité située à 5 kilomètres du centre de Skopje, devient une colonie romaine sous l’impulsion de l’empereur Domitien.

518 : Un tremblement de terre détruit Scupi, qui est déjà menacée par les invasions slaves. La ville est abandonnée avant d’être reconstruite sur la colline de la forteresse actuelle. Ainsi, elle se trouve en hauteur, sur un site plus facile à protéger que celui de Scupi. Elle connaît l’ère byzantine.

1282 : Skopje est prise par les Serbes. La ville connaît une période de prospérité et devient même la capitale de l’Etat serbe. Il faut dire qu’à l’époque, les Serbes lorgnent sur la Grèce et l’Egée, pour créer une nouvelle Byzance, et que Skopje leur permet de se rapprocher de leur but. La ville commence à s’étendre au pied de la forteresse, sur ce qui est devenu le Vieux bazar.

Marché ottoman
Marché dans le bazar.

1392 : Skopje est prise par les Ottomans, qui conquièrent peu à peu la totalité des Balkans. La ville connaît un âge d’or grâce à une vie économique intense. Elle devient l’une des plus grandes villes des Balkans (environ 60.000 habitants au XVIIème siècle). Elle est désormais connue sous son nom turc, Uskub.

1689 : Les Turcs et les Autrichiens sont en guerre. Alors que les Turcs ont perdu le siège de Vienne, les Autrichiens organisent une immense contre-offensive en attaquant les Balkans. Uskub est totalement incendiée par le général italien Piccolomini, qui conduit les troupes autrichiennes. La ville sombre dans le déclin.

 1873 : Une ligne de chemin de fer entre Uskub et le port de Salonique est construite. A cette époque, la ville connaît à nouveau la croissance. La ville sert de comptoir commercial aux Occidentaux. Le déclin du pouvoir politique et économique ottoman permet l’émergence d’une élite slave macédonienne. De nouveaux quartiers modernes voient le jour autour de la gare, sur la rive sud du Vardar.

Skopje 1937
Quai du Vardar en 1937.

1912 : Les Turcs sont chassés des Balkans après une guerre menée par la Serbie, la Grèce et la Bulgarie. Uskub, qui redevient Skopje, est rattachée à la Serbie. En 1918, ce pays forme le royaume de Yougoslavie avec d’autres territoires comme la Bosnie et la Croatie. Alors que Bitola était jusqu’alors la plus grande ville macédonienne, avec ses 60.000 habitants, c’est Skopje (30.000 habitants en 1911) qui est choisie pour devenir la préfecture régionale. Elle supplante vite la cité du sud, et devient naturellement capitale de la République socialiste de Macédoine en 1945.

Ruines skopje 1963
Skopje en ruines en 1963.

1963 : Alors que Skopje fait partie de la Yougoslavie de Tito, un tremblement de terre catastrophique dévaste la ville. Il est responsable de plus de 1000 morts, et de milliers de blessés, la ville est touchée à 80 %. La reconstruction est longue et coûteuse, mais l’élan solidaire international permet à la ville de se redresser.

1991 : La Macédoine quitte la Yougoslavie après un référendum et devient indépendante. Skopje devient la capitale d’un Etat indépendant.

2014 : Achèvement officiel du projet Skopje 2014, destiné à redonner du prestige à la ville. Le projet a permis la reconstruction d’édifices emblématiques disparus en 1963, la création de musées ou encore d’immeubles gouvernementaux. Le tout dans un style pompeux et historiciste visant à faire de Skopje une vraie capitale d’Europe. Largement critiqué, le projet est remis en cause après l’alternance politique en 2016.


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Voir aussi :

Skopje en photos anciennes